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Le fantastique 4°

Ghetta

Par REMI SECCHI, publié le samedi 6 janvier 2018 15:24 - Mis à jour le lundi 15 janvier 2018 15:54

Elle était si belle, je me souviendrais toujours de notre histoire, elle me trompait mais je l’aimais, je lui ai fait du mal, mais je l’aimais. J’ai simplement voulu me venger, or, les conséquences ont pris une autre tournure;

"- Je pars au marché !" M’avait elle dit innocemment.

Au début, je ne pensais qu’a de simples sorties avec ses amies, puis elle s’absentait de plus en plus. J’ai alors découvert une lettre de son amant. Elle me trompait. C’était trop…

Il fallait que j’agisse, mais comment ?

J’ai donc décidé de ne plus la laisser sortir, mais elle était rusée. Elle continuait à sortir, en cachette. Elle se faufilait par la fenêtre pour le retrouver, lui, cet homme qu'elle préférait à moi. Je ne connaissais pas son identité. Je leurs en voulais à tous les deux. Mais, elle, je l’aimais.

Ghetta, ce nom me revient à l’esprit, c’était mon arme, la manière dont j’allais la détruire, ma vengeance.

Je vagabondais pour chercher ma femme, puis, je vis une enseigne, sale et sombre. Je pensais d’abord à un bar elle était, surement la. J’entrais, la porte grinçait, l’endroit n’était pas un bar. J’étais trop intrigué pour quitter ce lieu.

Cet endroit était sombre, froid, des objets étranges y étaient exposés. Au fond de la salle lugubre, un bureau en bois, noir, qui risquait de se casser si on y mettait le coude, était vulgairement posé. A ma droite il y avait une armoire, j’hésitais a l’ouvrir mais ma curiosité naturelle me dépassa et je l’ouvris. Je sursautai en voyant le contenu. Des têtes, des têtes de poupées étaient accrochées aux planches de cette armoire.

Il fallait que je parte. Tout de suite.

"- Vous cherchez quelque chose ?" Je sursautai de plus belle.

En me retournant je vis un homme étrange. Il était petit le dos courbé. Il portait des habits sombres et déchirées ainsi qu’une cape. Il avait une barbe grise hirsute. Sa voie rauque n’était pas agréable a entendre.

Je lui répondis simplement que non.

Il me prit par le bras, il le serra tellement fort que je garde encore les marque de sa main moite. J’avais peu, j’avais très peur. Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais si peur que je n’entendais rien. Quand tout à coup il me dit d’une voix très clair :

"- Tu es chez un marabout, tu n’est pas venu ici par hasard …

-Je me suis… je me suis … Excusez moi je croyais que … que c’était un bar…" Lui ai-je répondu tout tremblant.

"- D’accord, d’accord n’hésitez pas à revenir en cas de besoin … Nous avons tout ce qu’il vous faut pour faire une mauvaise blague, de quoi vous rendre heureux ou malheureux peut être ?

- Non merci, ça ira.

- Nous avons aussi tous ce qu’il faut pour faire une vendetta, ça ne vous intéresse pas ?"

Je lui répondis alors tranquillement et sans trembler :

"-Vous avez bien dit… une vendetta ?

- Oui, oui j’ai bien dit une vendetta." Me répondit-il avec toujours la même voix rauque.

Puis nous avons eu ce discours dont je me rappellerais toute la fin de ma vie :

"- Pouvez vous me dire pour quel genre de vendetta puis-je vous aider ?" À t’il reprit en ricanant.

"- Ma femme me trompe et je ne sais pas quoi faire.

-Ah, je vois, j’ai peut-être une idée … Mais il faudra être vigilant …

-Je ferai tout pour quelle arrête.

-Ghetta

- Ghe… quoi ?

-Ghetta, elle est juste la." Dit-il en me montrant du doigt une poupée de chiffon.

"- Une poupée ?

- Une poupée vaudou plus précisément…Il suffit de planter une aiguille là où vous voulez que votre victime ait mal et cela fonctionne. Mais souvenez vous : si vous abusez des dons de cette poupée vous deviendrez un meurtrier.

- Merci, au revoir."

En arrivant chez moi ma femme était absente j’en profitais donc pour essayer mon nouveau jouet que je venais d’acheter. Je pris alors une aiguilles que j’enfonçai dans le pied droit puis une autre dans la mais gauche Une dizaine de minutes plus tard, la porte s’ouvrit. C’était elle. Je la voyais souffrir.

Je lui demandai alors d’où venait sa souffrance.

"- J’ai une forte douleur au pied droit et à la main gauche." me dit-elle.

Un sourire se forma sur mes lèvres. Mon plan fonctionnait. Je n’arrêterais seulement lorsqu'elle avouera  

"- Où étais tu ?" Lui demandais-je calmement.

Elle ne répondit pas.

Je lui redemandai en haussant un  peu le ton.

Elle ne répondit toujours pas.

Cette fois si, je m’énervai et je lui répétai la question.

"- J’étais simplement chez des amis, crois-moi !" me dit-elle en sanglotant.

"- Je te croie, si tu me le dit. "

Elle mentais, je le savais, mais je niais.

A présent seul, je repris cette arme et ces aiguilles j’en plantais une, puis une autre.

J’entendais des cris à chaque pique enfoncée. Je ne pensais pas que ça aller prendre une telle ampleur, car cette nuit là, j’ai fais quelque chose, quelque chose d’horrible :

J’étais fou de rage ! Elle y était retournée encore. L’idée qu’elle soit avec un autre me mis hors de moi.

Le lendemain quand elle revint de la demeure de son amant, elle entra dans la chambre sans me saluer, probablement à cause de la dispute de la veille.

Toutes mes pensées se mélangeaient, toute ma haine contre elle au plus profond de moi commençait à jaillir. Malgré moi, ma main prit une aiguille et sans le vouloir la planta dans son cœur.

Soudain une silhouette étrange sortit de l’objet maudit. J’entendais des ricanements répétitifs et forts, cette terrifiantes créature étais rouge, rouge comme le feu, rouge comme le diable. Oui, c’était le diable. Il m’avait prévenu, pourquoi ne l’ai-je pas écouté ?

Mais est-il réel ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu.

Le diable était rapide, trop pour que je puisse le voir distinctement. Il se dirigea dans la chambre, notre chambre, ma femme était là. Un hurlement de douleur me creva le cœur.

Morte…. elle était morte…Celle que j’aimais.

L’agresseur revint avec le corps de ma douce défunte et me dit d’une voix grave, comme celle du vieux marabout :

"- Tu as voulu jouer, voici ton prix."

Il la lâcha, disparut et me laissa seul avec le corps inanimé de ma pauvre femme. Et je pleurais toutes les larmes de mon corps.

Rempli de haine je me jetais sur Ghetta et la détruisis. Elle disparut à son tour et tout redevint comme avant, hors ma femme, qui n'était plus là.

Je ne sais plus ce qu’il s’était passé, mais je me souviens qu’il y a peu en repassant devant cette abominable boutique, elle avait disparue laissant place à un bar…

Ghetta ne reviendra plus.